Edito

Les semaines qui s’ouvrent seront décisives pour l’avenir du secours d’urgence dans notre pays.

Depuis plusieurs semaines, l’annonce d’un projet de loi visant à en réformer la gouvernance agite l’ensemble des acteurs du secteur. Les échanges et les rencontres se sont multipliés, sur la base de documents de travail non officiels et non finalisés. Cette situation a nourri interrogations, inquiétudes et parfois spéculations.

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Edito Fnap infos janvier 2026

En ce début d’année, la Fédération nationale des ambulanciers privés affirme plus que jamais sa volonté d’être au cœur des préoccupations des ambulanciers, au plus près de vos réalités, de vos besoins et de vos attentes. Notre ambition est claire : vous accompagner concrètement, avec des services toujours plus performants, utiles et adaptés à l’exercice quotidien de notre métier.

Adhérer à la FNAP, ce n’est pas seulement un acte militant, c’est un acte utile et concret. C’est bénéficier d’un accompagnement sur les sujets qui impactent directement votre quotidien.

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Rejoignez-nous

La Fédération nationale des ambulanciers privés s’engage, chaque jour, pour défendre avec détermination la cause des ambulanciers. Notre action repose sur une conviction forte : le transport sanitaire est un pilier essentiel de notre système de santé, garant de l’accès aux soins et de la proximité avec les patients.

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PLFSS 2026, deux salles, deux ambiances…

La fin de l’année approche. Comme chaque fin d’année, le Parlement se plie au rituel de l’examen de nos deux grands textes budgétaires, le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.

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Automne 2025 : deux textes, un même constat : taxer plutôt que réformer

L’automne 2025 s’annonce chargé sur le plan législatif avec l’examen de deux textes majeurs : le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 et le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Deux textes, deux visages d’une même orientation : celle d’un État qui choisit une fois encore la voie la plus simple — taxer, taxer, et encore taxer — plutôt que d’engager les réformes structurelles dont notre pays a urgemment besoin.

C’est une course effrénée vers la recherche de nouvelles recettes.

Mais avons-nous un problème de recettes ? Vu le niveau astronomique des prélèvements obligatoires en France, je ne le pense pas. Nous avons plutôt un problème de dépenses.

Alors comment continuer à financer un modèle social, dont les besoins sont toujours plus grands et qui est, ayons l’honnêteté de le reconnaître, particulièrement généreux ?

Si nous poursuivons notre folle course sur cette voie, le moment viendra où les sacrifices seront inéluctables. Ils pourraient être douloureux.

Au risque de choquer, je me souviens avoir lu l’interview récente d’un chef d’Etat étranger. L’une de ses déclarations m’a marquée, il disait qu’il y avait deux catégories de personnes : « Il y a ceux qui profitent du fruit de leur travail, et ceux qui profitent du travail des autres. »

Je suis de ceux qui pensent qu’il faut cesser de pressurer toujours les mêmes acteurs économiques. Il faut cesser de stigmatiser celles et ceux qui travaillent et qui réussissent.

Tout le monde devrait/devra faire des efforts. Encore faut-il avoir le courage de prendre des décisions justes et équitables, mais qui déplairont nécessairement aux électeurs. C’est une prise de risque qui devient indispensable. Notre modèle social le mérite.

Plus globalement, le PLFSS, moment fort de notre démocratie toujours très attendu et très observé par les professionnels de santé puisqu’il pose chaque année de nombreux jalons pour notre avenir, doit être totalement repensé.

Aujourd’hui nous sommes face à un PLFSS sans souffle, sans vision, sans ambition. Il ne comporte aucune mesure structurante. Les professionnels de santé n’y trouveront ni reconnaissance ni perspectives.

C’est un texte de transition en attendant les prochaines échéances électorales.

En revanche, nous y retrouverons le cocktail auquel nos parlementaires nous ont habitué ces dernières années dès qu’il s’agit d’agir sur les professionnels de santé, des mesures coercitives, punitives et liberticides.

La confiance entre l’État et le monde de la santé, déjà fragilisée, continue de se déliter. Pendant ce temps, l’accès aux soins se détériore, les inégalités s’accroissent, l’état de santé de la population se dégrade et la perte de confiance dans le système s’accélère.

Pourtant il existe d’autres voies que celle de la taxation. Certes moins immédiates et moins démagogiques. La voie de l’investissement dans un projet à moyen/long terme, un projet plus structurel.

Alors changez de cap !

Orientez davantage vos travaux sur la prévention, la pertinence des soins, et l’innovation. Ils sont l’avenir de notre système de santé. Plutôt que d’empiler les taxes et les textes, il faut redonner du sens à l’action publique, replacer la santé au cœur du pacte social et faire confiance à ceux qui la font vivre au quotidien.

Bruno BASSET
Président

La raison face à l'impasse

La loi de financement de la sécurité sociale 2025 nous a imposé un choix difficile : réaliser 300 Millions d’euros d’économies par la voie d’un accord négocié, ou subir une baisse unilatérale de nos tarifs.

Après plusieurs semaines d’échanges intenses, les organisations professionnelles représentatives de notre secteur et l’Assurance maladie sont parvenues à finaliser un protocole.

Le Conseil d’administration de la FNAP a donné mandat à son président pour le signer.

Ce choix n’est pas un choix d’adhésion, mais un choix de responsabilité : il nous permet d’éviter une dégradation encore plus importante de nos conditions et de présenter notre capacité à continuer de peser dans les négociations à venir.

Soyons clair : cette signature est avant tout un compromis, pas une victoire ! Mais elle nous donne les moyens d’agir pour demain.

La FNAP se projette vers l’avenir. La signature de ce protocole nous permet de rester acteurs des discussions et de travailler, avec vous, à l’évolution des dispositions qui nous concernent.

Dans les prochaines semaines, nous viendrons à votre rencontre lors de réunions confraternelles pour vous présenter en détail les termes de cet accord et recueillir vos contributions pour préparer la suite.

Bruno BASSET
Président

Une rentrée sous haute tension

Alors que l'été touche à sa fin, la rentrée 2025 s'annonce d'ores et déjà sous très haute tension.

Plusieurs mouvements de grève sont annoncés dans le secteur de la santé, révélant une forte opposition aux mesures d’économies prises durant la période estivale, c’est le cas des taxis et des pharmaciens.

Taxis qui viennent pourtant d’obtenir des tarifs départementaux plus avantageux suite à leur dernier mouvement de grève.

D’autres professions pourraient suivre comme les radiologues, biologistes, audioprothésistes, spécialistes de la médecine nucléaire ou encore acteurs de la dialyse… Tous sont dans le viseur des pouvoirs publics, désignés comme opérant dans des secteurs où des « rentes » se seraient constituées.

Nul ne sait encore quelle sera la position des acteurs du transport sanitaire face aux mesures d’économies qui sont actuellement négociées avec l’Assurance maladie. Alors que nous arrivons en fin de négociation, les désaccords sont profonds.

Plus globalement, un certain nombre de corps intermédiaires et de partis politiques appellent à un blocage national le 10 septembre, risquant de paralyser une partie du pays.

Comme si ce climat social tendu ne suffisait pas, la situation politique pourrait elle aussi basculer. François Bayrou vient d’annoncer qu’il engagerait la responsabilité de son Gouvernement le 8 septembre sur le sujet de la maîtrise des dépenses publiques. Un pari risqué dont l’issue semble presque inéluctable compte tenu des déclarations d’un certain nombre de leaders politiques : la chute du Gouvernement.

Un tel scénario ouvrirait une nouvelle période d’instabilité politique majeure. À un an et demi des élections présidentielles, les candidatures à Matignon risquent de se faire rares. Qui osera prendre la tête d’un exécutif aussi fragile, au risque de compromettre durablement son avenir politique ? Ou alors le Président de la République sera-t-il contraint de prononcer une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, avec l’espoir incertain de voir émerger une majorité plus cohérente et gouvernable ?

Quoi qu’il en soit, ces multiples incertitudes sociales comme institutionnelles, ne constituent en rien des signes rassurants sur la santé politique, économique et sociale du pays. La France a pourtant urgemment besoin d’un cap clair et de mesures audacieuses.

Bruno BASSET
Président

En ce mois de juin, c’est une canicule sociale qui s’abat sur les soignants !

Alors que la France suffoque sous cette première vague de chaleur de l’année, une autre température grimpe dangereusement : celle du thermomètre de la colère et de l'épuisement des professionnels de santé. Ambulanciers, médecins, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes, … tous subissent de plein fouet une série de décisions budgétaires qui, sous couvert de maîtrise des dépenses, mettent en péril la qualité de nos missions.

300 millions d’euros d’économies sont exigés des radiologues. Des hausses tarifaires, négociées antérieurement, sont gelées pour les médecins, les chirurgiens-dentistes et les kinés. Et pour le transport sanitaire, c’est une économie de 300 millions d’euros qui est demandée, comme si notre secteur n’avait rien fait, rien donné, rien transformé ces dernières années.

Nous tenons à le rappeler avec force : les ambulanciers privés ont déjà fait leur part de l’effort, contrairement à d’autres acteurs du transport de patients. Le développement du transport partagé, la certification des flux, la généralisation de la géolocalisation… Autant d’initiatives que notre profession a soutenues avec conviction et détermination. Ces évolutions ont été utiles et leur efficacité est incontestable. Pourtant, on nous demande toujours plus comme si nous étions responsables de la hausse régulière et continue de la « consommation » de soins. Cette trajectoire inflationniste semble pourtant inévitable (vieillissement de la population…).

Mais aujourd’hui, la coupe est pleine.

À force de tirer sur la corde, on la rompt. À force de pressions financières répétées sur les mêmes acteurs, on finit par dégrader non seulement les conditions de travail, mais surtout la qualité du service rendu aux patients. Qui paiera demain le prix de cette politique d’austérité ?
Nous demandons que cesse cette logique de rabot aveugle. La régulation des dépenses de santé ne peut reposer éternellement sur celles et ceux qui assurent, chaque jour, la continuité des soins sur tout le territoire. Il est temps de reconnaître nos efforts et de dialoguer pour construire un avenir soutenable, pour les professionnels comme pour les patients.

Bruno BASSET
Président

Négociations conventionnelles, un art... ou un sport de combat ?

La négociation, cet art subtil du dialogue, du compromis…ou, dans certains cas, du bras de fer…

Dans le monde de la santé, c’est souvent un peu tout ça à la fois, avec en prime une bonne dose de tension, de postures, et d’intérêts difficilement conciliables.

Quand l’Assurance maladie d’un côté, et les syndicats de professionnels de santé de l’autre, se retrouvent autour de la table… accrochez-vous !

C’est une bataille d’arguments, de chiffres, de principes. L’Assurance maladie arrive avec ses courbes de dépenses, ses projections budgétaires, et une obsession pour la soutenabilité financière. En face, les syndicats défendent bec et ongles leur exercice, leur temps, leur dignité, et leur rémunération. Et entre les deux ? Une défiance tenace, souvent historique.

Mais le plus frustrant, c’est que les syndicats eux-mêmes ne sont pas forcément alignés. Chez les professionnels de santé, la parole est rarement unique. Et c’est justement le cas dans le transport sanitaire avec quatre syndicats représentatifs. Chaque syndicat porte sa propre vision, ses propres priorités, son propre électorat et parfois ses égos. Résultat ? Difficile de faire front commun. On assiste alors à une négociation... dans la négociation. De quoi s’arracher les cheveux !

Nous avons essayé de nous retrouver. Nous avons tenté de parler d’une seule voix. Force est de constater que l’exercice est complexe.

Dès lors que l’un d’entre nous commence à avancer, seul, ses propres propositions, la digue se fissure et le mal est fait.

Et pendant ce temps-là ?

Nos professionnels, sur le terrain, oscillent entre fatigue, frustration et sentiment de n’être ni entendus ni soutenus.

Vous le savez, la Fédération nationale des ambulanciers privés défendra des mesures justes et équitables. Nous plaidons pour une responsabilisation accrue de l'ensemble des acteurs car il serait anormal que les entreprises de transport supportent seules des mesures d'économies sur des dépenses dont elles ne sont en réalité pas responsables. Nous sommes pris en étau entre le prescripteur et le prescrit !

Alors oui, un texte sera signé, peut-être à l’arraché, car nous n’avons pas le choix.

Mais au fond, est-ce qu’on ne pourrait pas rêver d’autre chose ? D’un espace de dialogue moins rigide, moins conflictuel, plus tourné vers la co-construction ? Où l’on reconnaîtrait enfin que la santé ne se négocie pas uniquement en euros, mais aussi en confiance, en respect mutuel et en vision partagée ?

Utopie, me direz-vous ? Peut-être. Mais parfois, l’art de négocier, c’est aussi oser sortir du cadre.

Bruno BASSET
Président

Une lueur d’espoir

300 millions d’euros d’économies à trouver par les partenaires conventionnels avant le 30 septembre 2025, sinon l’Assurance maladie pourrait nous imposer, seule, des baisses de tarifs permettant d’atteindre ce montant.

Le compte à rebours est enclenché.

Mi-avril, l’Assurance maladie réunissait les 4 syndicats représentatifs de la profession pour débuter cette phase de négociation inédite.

Inédite dans le montant des économies à réaliser. Inédite en raison d’un calendrier raccourci de négociation. Inédite sur la méthode, puisque nous devons négocier « le couteau sous la gorge ».

Notre profession est malmenée. Notre profession est usée. Notre profession est acculée.

Mais à situation inédite, réponse inédite.

Alors que notre profession a longtemps été divisée, la CNSA, la FNMS, la FNAA et la FNAP ont accepté de se parler.

Se parler, s’écouter et s’entendre pour, peut-être, réussir. C’est une lueur d’espoir pour notre discipline.

Nous opposons un front commun et uni dans cette négociation qui s’ouvre avec l’Assurance maladie et qui s’annonce périlleuse.
Face à la logique comptable de l’Assurance maladie nous objecterons l’équité, la responsabilisation des acteurs, la lutte contre les fraudes. C’est le chemin que proposera la Fédération nationale des ambulanciers privés à nos confrères et consœurs des autres organisations syndicales.

Nous saurons trouver ensemble l’énergie, la force, la combativité, l’inspiration et l’innovation qui nous seront nécessaires pour proposer des mesures justes et équitables.

Je veux croire en notre capacité à dépasser nos clivages, nos divisions et nos désaccords passés pour avancer dans une même direction, celle qui préservera le transport sanitaire de l’effroyable logique comptable inhumaine de l’Assurance maladie. Car derrière la froideur des chiffres, il y a des femmes et des hommes, acteurs investis du transport sanitaire, et des millions de patients.

Bruno BASSET
Président