Les entreprises du transport sanitaire face à un nouveau choc ?

Deux mois…

Voilà désormais deux mois que les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont débuté, ravivant les tensions dans une région déjà sous haute tension. Deux mois également que les prix des carburants s’envolent, pesant chaque jour davantage sur le budget des ménages et des entreprises et notamment sur les entreprises du transport sanitaire. La concomitance de ces événements n’a rien d’un hasard : elle pose une question de plus en plus pressante — sommes-nous à l’aube d’un nouveau choc pétrolier ?

L’histoire récente nous a appris à quel point les crises géopolitiques au Moyen-Orient peuvent bouleverser l’équilibre énergétique mondial. L’Iran, acteur majeur de la production d’hydrocarbures et point névralgique des routes maritimes stratégiques, est au cœur de ces tensions. Toute déstabilisation durable de la région entraîne mécaniquement une hausse des cours du pétrole, alimentée par les craintes sur l’approvisionnement et par la spéculation des marchés.

Les premières conséquences sont déjà visibles. À la pompe, les prix flambent. Mais ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. Car derrière cette hausse se profile des effets systémiques bien plus larges : augmentation des coûts de production, renchérissement du transport, hausse des primes d’assurance maritime dans des zones jugées à risque... Autant de facteurs qui finiront, inévitablement, par se répercuter sur les prix des biens de consommation.

Autrement dit, après le choc énergétique vient le choc inflationniste. Les ménages, déjà éprouvés par les crises successives de ces dernières années, pourraient voir leur pouvoir d’achat à nouveau amputé. Les entreprises, quant à elles, devront absorber ou répercuter ces coûts supplémentaires, lorsqu’elles le peuvent, au risque de fragiliser davantage certains secteurs.

En l’espace de quelques années, le monde — et la France en particulier — a été confronté à une succession de chocs majeurs : la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine et son impact inflationniste massif, puis les conséquences régionales de l’attaque du 7 octobre 2023. À chaque fois, l’État a joué un rôle d’amortisseur, mobilisant, « quoi qu’il en coûte », des ressources considérables pour soutenir l’économie.

Mais aujourd’hui, la donne a changé. L’état des finances publiques limite sa capacité d’intervention. Le niveau particulièrement élevé des déficits et de la dette restreint les marges de manœuvre du Gouvernement, au moment même où une nouvelle crise exigerait des réponses fortes. Là où certains pays européens (autrefois dénommés ironiquement – y compris par la France- les pays du Club méd) ont entrepris un redressement budgétaire leur permettant aujourd’hui d’agir, la France est désormais paralysée.

Le Portugal, L’Espagne, l’Italie, la Grèce…tous ces pays doivent désormais sourire…

L’impéritie de nos dirigeants nous a mené droit dans un mur. Le cynisme, les calculs politiciens et le manque de courage de nos dirigeants les a empêchés de s’engager dans la voie de la maîtrise de nos comptes publics.

Aujourd’hui, les caisses sont vides. L’Etat n’a plus les moyens de faire face à cette nouvelle crise.

Dans ce contexte, les réponses gouvernementales apparaissent modestes au regard des enjeux. Elles alternent entre mesures d’annonces et quelques mesure(tte)s ciblées, mais sans réelle capacité à amortir un choc d’ampleur. Alors que pendant ce temps, des pays voisins parviennent à ajuster leur fiscalité sur les carburants ou à soutenir plus efficacement leur économie.

Cette situation interroge. Elle met en lumière la vulnérabilité croissante de notre pays face aux crises externes, mais aussi les limites d’un modèle reposant sur une dépense publique toujours plus élevée sans redressement durable des comptes.

C'est pathétique. C'est pitoyable. Je suis indigné. Je suis en colère. Je suis profondément triste pour notre pays.

L’équation n’est pas insoluble pour autant. Il s’agit pour le Gouvernement de faire des arbitrages et de faire les bons choix. Choisir d’aider des acteurs qui sont réellement en difficultés. Choisir d’aider les acteurs qui ont une réelle utilité économique et sociale.

Dans ce contexte, la Fédération nationale des ambulanciers privés reste force de propositions pour que les entreprises du transport sanitaires, qui répondent à ces critères, soient accompagnées. D’autant que le transport sanitaire doit faire face simultanément à une diminution inédite de son activité (-1,9% des remboursements en mars 2026). C’est pourquoi elle soumettra au Gouvernement des propositions utiles, efficaces et viables dès cette semaine.