La gazette du palais

Financiarisation de la santé, restitution des travaux sénatoriaux

La commission des affaires sociales du Sénat a publié son rapport sur "la financiarisation de l’offre de soins" sur lequel trois rapporteurs ont travaillé près de neuf mois (dont le sénateur Bernard Jomier présent à notre Congrès). Après de nombreuses auditions, ils formulent 18 recommandations.

La dénonciation de la financiarisation excessive de l’offre de soins n’est pas nouvelle. Elle est constatée et dénoncée depuis plusieurs années maintenant par les professionnels de santé d’exercice libéral au travers d’une moindre qualité des soins délivrés et d’atteintes répétées à l’indépendance professionnelle.

Après les rachats de cliniques, après les laboratoires de biologie médicale, après les EHPAD, après les centres de santé, notamment dentaires, les pharmaciens d’officine ont dénoncé très récemment une nouvelle forme de perte d’indépendance et la prise de contrôle par la dette de certaines officines par des fonds d’investissement.

Pourquoi un tel intérêt des investisseurs pour la santé ?

Le secteur permet un investissement à la fois rentable et sûr. Rentable, en raison des possibilités de restructurations du secteur par la concentration des plateaux techniques. Sûr, en raison de l’accroissement de la demande de soins et du haut niveau de socialisation de la dépense de santé.

Quelles solutions ?

Diverses solutions sont avancées. Elles visent diversement les professions de santé selon leur organisation et selon les règles d’exercice qui leurs sont applicables.

Parmi celles avancées figure celles qui tendent à renforcer et à mieux utiliser les outils de régulation.

Ainsi les ARS qui disposent d’un "levier trop peu utilisé", celui des autorisations d’activités de soins et d’équipements lourds. Les autorisations délivrées devraient s’accompagner "d’engagements opposables de couverture de territoires isolés" et de prise en charge de patients éloignés des soins.

Une piste pour mieux réguler l’activité du transport sanitaire ?

Source : Financiarisation de l'offre de soins : une OPA sur la santé ? - Sénat (senat.fr)

Reprise des travaux parlementaires, les députés réélus se positionnent à nouveau sur notre discipline

Les 31 janvier, 1er et 2 février 2024, la Fédération nationale des ambulanciers privés organisait son premier congrès annuel au sein du salon Paris secours expo 2024.

A cette occasion, plusieurs parlementaires sont intervenus pour débattre de l’avenir de notre profession (les députés J Mélin, I Boucard, M Petit, JF Rousset et le sénateur B Jomier).

Peu après, la plupart d’entre eux prenaient position sur le transport sanitaire, et plus particulièrement sur la situation des ambulanciers. Mais la dissolution est venue rompre cette dynamique.

Réélus dans le courant de l’été 2024, plusieurs mois après leur présence parmi nous au Congrès des ambulanciers, ils ne nous ont pas oubliés pour autant.

En effet, ils viennent de se pencher à nouveau sur notre discipline.

La députée Maud Petit au moyen de l’interpellation de la Ministre de la santé et de l’accès aux soins sur le sujet de l’attractivité de la profession en demandant le calendrier des réformes annoncées depuis plusieurs mois (permis de conduire, VAE) et en suggérant une réforme de la taxe sur les salaires.

Question n°569 : Attractivité du métier d'ambulancier - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)

Elle interpelle également Bercy sur l’inéquité fiscale et sociale des ambulances/VSL versus les SDIS et les taxis.

Question n°576 : Iniquité de traitement pour les ambulanciers - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)

Ces deux questions ont été travaillées entre Maud Petit et la Fédération nationale des ambulanciers privés.

Parallèlement à cela, le député Ian Boucard, après avoir convaincu plusieurs de ses collègues, a déposé une proposition de résolution invitant le Gouvernement à supprimer les interdictions d’accès à la formation et à la profession d’ambulancier aux personnes titulaires d’un permis de conduire probatoire.

Proposition de résolution, n° 300 - 17e législature - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)

Nous saluons l’implication de ces députés et la constance de leur engagement pour accompagner les ambulanciers depuis leur participation à notre Congrès.

Exonérations en zones France ruralités revitalisation (ZFRR) /zones de revitalisation rurale (ZRR)

À partir du 1er juillet 2024, les zones France ruralités revitalisation (ZFRR) sont créées et les zones de revitalisation rurale (ZRR) sont maintenues de manière exceptionnelle pour les communes ZRR non reclassées en ZFRR.

À compter du 1er juillet 2024, si vous êtes implanté dans une ou plusieurs communes classées en ZFRR, vous pourrez bénéficier de l’exonération ZFRR.

Cette exonération de cotisations sociales d’une durée d’un an s’appliquera pour les embauches réalisées à compter du 1er juillet 2024.

Les conditions pour en bénéficier et les modalités de calcul seront identiques à celles de l’exonération ZRR.

Les embauches effectuées avant le 1er juillet 2024 dans une ZRR continuent à bénéficier de l’exonération ZRR dans les mêmes conditions pour la durée restant à courir.

Un arrêté du 19 juin 2024 définit un nouveau zonage afin de maintenir le dispositif ZRR dans les communes qui n’ont pas été reclassées en ZFRR.

Les employeurs, y compris les organismes d’intérêt général, implantés dans une des communes maintenues en ZRR, peuvent bénéficier de l’exonération ZRR pour leurs embauches effectuées à partir du 1er juillet 2024.

Sources :

Arrêté du 19 juin 2024 constatant le classement de communes en zone France ruralités revitalisation - Légifrance (legifrance.gouv.fr)

Arrêté du 19 juin 2024 modifiant l'arrêté du 16 mars 2017 constatant le classement de communes en zone de revitalisation rurale - Légifrance (legifrance.gouv.fr)

 

 

Elections législatives de juillet 2024

Les députés qui avaient activement participé au Congrès 2024 des ambulanciers, et qui avaient ensuite fait écho à nos difficultés, ont tous été réélus à l’issue du scrutin du 7 juillet 2024 :

- Ian Boucard (La Droite Républicaine) dans le Territoire de Belfort
- Joëlle Mélin (RN) dans les Bouches du Rhône
- Maud Petit (MODEM) dans le Val de Marne
- Jean-François Rousset (RE) dans l’Aveyron.

Nous sommes confiants dans leur volonté de placer le sujet du transport sanitaire parmi leurs préoccupations. La FNAP y veillera.

A noter qu’en 2022 un député ambulancier, le seul de l’Hémicycle, avait été élu sous l’étiquette Renaissance. Il ne s’est pas représenté à cette élection.

Pas de règles professionnelles pour les ambulanciers, mais des sanctions pénales

C’est le sens de la réponse qui a été apportée par le ministère de la santé et de la prévention à une série de questions posées par des parlementaires sur la volonté des ambulanciers de se doter de règles professionnelles (ou déontologiques selon la terminologie).

Le ministère rappelle que « Concernant les infractions mentionnées, des sanctions sont prévues par le code pénal. Ces sanctions peuvent consister en une suspension du permis de conduire, une amende et une peine d'emprisonnement. Ainsi, ces infractions ne nécessitent pas de règles professionnelles spécifiques pour être sanctionnées ».

Sources :

M. Victor Catteau : Question n°8494 - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)
Mme Josiane Corneloup : Question n°10217 - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)
Mme Caroline Fiat : Question n°8492 - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)
Mme Joëlle Mélin : Question n°9979 - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)
M. Stéphane Viry : Question n°10223 - Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)

La FNAP a gagné

Le SAMU 18, a sollicité le SDIS du Cher pour un renfort de brancardage aux côtés d’un de nos adhérents. Le SDIS du Cher a alors émis une facture d’intervention en application de l’article L.252A du livre des procédures fiscales à l’encontre de la société d’ambulances.
Cette affaire a été portée devant le Tribunal Administratif d’Orléans soutenue par l’avocat de notre fédération. La FNAP a obtenu l’annulation de ce titre exécutoire et le SDISS du Cher a été condamné à verser 500€ à notre adhérent.
Nous ne pouvons que nous en satisfaire.

pdf Annulation titre exécutoire brancardage SDISS 18-Savignat(85 KB)